À propos de la Quadriennale

Le Québec et le Canada à la Quadriennale de Prague 2011

Un bilan

L’Association des professionnels des arts de la scène du Québec (APASQ) et l’Associated Designers of Canada (ADC) ont représenté le Canada à la Quadriennale de Prague pour le spectacle vivant : espace et design du 16 au 26 juin 2011.

Pour l’APASQ et l’ADC, il était essentiel de permettre aux concepteurs québécois et canadiens de participer à la Quadriennale de Prague 2011.

C’est ainsi qu’environ 156 étudiants, provenant de 15 écoles québécoises et canadiennes ont participé aux différentes activités proposées. De plus, près de 50 professeurs et designers professionnels du Québec et du Canada ont visité la Quadriennale pendant les 11 jours.

Plus de 40 000 professionnels des arts de la scène et des visiteurs du monde entier provenant de 70 pays se sont donné rendez-vous à cet événement, la plus importante vitrine, à l’échelle internationale, pour les professionnels des arts de la scène - scénographes, concepteurs de costumes, d’éclairages, d’environnements sonores, de marionnettes, etc. - qui y présentent leurs travaux.

En plus du volet réservé aux scénographes professionnels, la Quadriennale offre une section destinée aux écoles de théâtre et une autre vouée aux architectures de théâtre. Plusieurs activités telles que des séminaires, des ateliers de travail et des rencontres avec les plus grands praticiens de la scène font de cette exposition un lieu privilégié pour saisir l'évolution du design en théâtre dans le monde.

Pour avoir plus d’informations sur l’ensemble des évènements et des pays participants : http://www.pq.cz/en/en-rm-page.html

Pour voir des images : http://www.pq.cz/en/photogallery.html

La présence québécoise et canadienne à PQ 011 en bref

Section Compétition des pays et des régions présentée au Palais Veletrzni (Galerie Nationale)

Le kiosque du Canada regroupait les expositions consacrées à François Barbeau et à Cameron Porteous, la présentation du Castelet électronique et de ARBO CYBER, théâtre (?) ainsi qu’un volet architecture avec un diaporama du livre Architectures du spectacle au Québec. Six rencontres/discussions se sont tenues dans le kiosque.

Section étudiante, au Palais Veletrzni (Galerie Nationale)

Le kiosque regroupait un diaporama de près de 400 images fournies par les 15 écoles canadiennes présentes à Prague et les sept maquettes du projet Incendies. Les représentants des écoles conviaient également les participants de la Quadriennale à  neuf rencontres sur des sujets qui les préoccupaient.

Mentionnons qu’une jeune conceptrice québécoise, Annick Lavallée-Benny, y a reçu, conjointement avec le Suédois Jakob Oredsson, une médaille d’or saluant les talents les plus prometteurs dans la section étudiante pour leur projet « Erase the play », cela toutefois sous pavillon norvégien. Annick Lavallée Benny et Jakob Oredsson sont tous deux diplômés en scénographie de la Norwegian Theatre Academy

Section Architecture présentée à l’Église Santa-Anna

  • Présentation du projet l’Opéra-palette de Jacques Plante

Le samedi 18 juin, Jacques Plante a prononcé une conférence sur le processus de conception de son projet dont l’objectif est de créer une installation en plein air éphémère, à la Maison de la ville de Québec, pour le premier festival international d’opéra présenté en juillet 2011. Ce projet interdisciplinaire implique la participation d’architectes, d’ingénieurs, de scénographes, de techniciens du son et de l’image et de concepteurs de théâtre. La présentation comprenait une maquette, des photos, des images en 3D et des vidéos.

Dans le cadre de la 8th OISTAT THEATRE ARCHITECTURE COMPETITION (TAC) 2011, Marie-Pier Dubreuil et Joannie Brouillard, de l'École d’architecture de l'Université Laval, supervisées par Jacques Plante, architecte et professeur, ont remporté le 4e Prix ex æquo. 186 participants provenant de 44 pays participaient à la compétition.

 

Activités présentées dans le kiosque du Canada

Le jeudi 16 juin

  • Les défis passés et à venir de cette rencontre entre l’artistique et le scientifique
    Robert Faguy, professeur au Département des littératures et directeur du LANTISS, Université Laval, Québec

Le castelet électronique est un projet de scène mobile à échelle réduite (10:1) mis sur pied par le Laboratoire des nouvelles technologies de l’image, du son et de la scène (LANTISS) situé à l’Université Laval à Québec. Le mandat du laboratoire vise à soutenir des projets de recherche et de recherche-création  associés  au domaine des arts scéniques. La conférence-démonstration a permis de rendre compte de l’ensemble des composantes du projet réalisées depuis 2004. Plus d’une vingtaine de chercheurs et d’étudiants des laboratoires de robotique (plancher de scène robotisé et contrôle), de vision et système numérique (logiciel designer, castelet virtuel pour le télétravail) et du centre d’optique et de photonique (éclairage miniaturisé) ont travaillé à la réalisation du castelet électronique. Plusieurs exemples d’utilisation de cette maquette instrumentée d’une scène mobile ont permis de comprendre le potentiel créatif et pédagogique de cet outil servant à simuler des projets de mise en scène et de scénographie évolutive. La communication a abordé également le développement à venir du castelet que ce soit dans la mise au point d’un prototype à échelle réelle ou d’un logiciel de conception dramaturgique. (http://www.lantiss.ulaval.ca)

Le samedi 18 juin

  • Le numérique comme support de mémoire d’un théâtre de la complexité : le cas de la pierre tombale ludique de la troupe ARBO CYBER, théâtre (?)
    Lucie Fradet  et Robert Faguy, professeur au Département des littératures, et directeur du LANTISS, Université Laval, Québec

L’objectif de cette communication était de faire part des enjeux reliés à l’archivage de spectacles scéniques complexes. Prenant appui sur le site Web de la troupe ARBO CYBER, théâtre (?), des exemples ont été donnés sur les diverses stratégies d’archivage qui concernent autant la mise en mémoire des dispositifs scénographiques ou des formes dynamiques d’écriture multimédia que la mise en contexte des documents audiovisuels.

Si la vidéo est un outil particulièrement efficace pour archiver les représentations dans un espace frontal, le caractère linéaire du média peut difficilement rendre compte de productions évoluant sur des scènes éclatées et jouant en simultané. Le constat est le même pour des propositions scéniques offrant une expérience sensorielle intense ou une interaction scène-salle permettant à chaque spectateur de recréer son propre spectacle. Grâce aux technologies numériques d’archivage, il est désormais possible de recréer des interfaces interactives visant à préserver les objectifs de communication de ces moments scéniques complexes et éphémères.

Fondée en 1985 à Québec, ARBO CYBER, théâtre (?) a produit plus d’une vingtaine de créations jusqu’en 2001. De façon générale, le groupe a poursuivi des recherches qui s’appliquent à chacun des éléments de la pratique théâtrale dans une perspective multidisciplinaire. Chaque projet comprenait notamment l'utilisation d’autres formes artistiques parfois technologiques posées dans un rapport d'immédiateté aux récepteurs. En œuvrant selon une esthétique performative, ARBO CYBER, théâtre (?) se proposait de renouveler le rapport au spectateur en lui faisant prendre une part active au spectacle théâtral. Depuis 2001, le groupe s’est donné comme mission de laisser une trace tangible des diverses expérimentations effectuées au fil des ans en les consignant et en reconstituant l’esprit interactif de chacune d’elles dans une interface numérique appelée Pierre tombale ludique. Ce site Web commémoratif sera lancé officiellement à la fin de l’année 2011, marquant ainsi le 10e anniversaire de la fin des activités scéniques de la troupe : www.arbocyber.lit.ulaval.ca

Le dimanche 19 juin

  • À la recherche de la vérité dans la meule de foin de la scénographie
    Cameron Porteous, scénographe et concepteur de costumes

À une époque où nous sommes constamment bombardés, particulièrement via l’internet, d’informations et d’images, comment pouvons-nous, dans notre recherche de la vérité, faire la part des choses entre la fiction et les faits, puis déterminer si certains de ces faits sont pertinents quand nous nous attaquons à la conception d’une scénographie ? Comment pouvons-nous nous débarrasser de nos idées préconçues et des influences extérieures, alors que nous sommes envahis par les images que nous proposent livres, films et programmes de télévision ? Comment, enfin, discerner dans notre processus de création les influences extérieures auxquelles nous sommes soumis ? Et qui plus est, cela est-il même possible dans ce nouvel âge « branché » ?

Le lundi 20 et le samedi 25 juin

  • Faire œuvre de mentor pour la scène
    Tanit Mendes, commissaire de l’exposition Cameron Porteous et codirectrice, Production Program, Ryerson Theatre School, Ryerson University, Toronto, Ontario

L’Associated Designers of Canada tient à rendre hommage à Cameron Porteous qui œuvre comme scénographe depuis plus de 40 ans. Concepteur de décors et de costumes tant pour le théâtre que pour le film et la télévision, il a créé un corpus artistique imposant. Il a travaillé dans la plupart des principaux théâtres canadiens. Son travail dans l’industrie du cinéma l’a amené en Moravie, à Vienne, à Florence et à Prague. Parallèlement à son travail artistique, il a agi tout au long de sa carrière comme mentor et professeur et a ainsi influencé nombre de scénographes canadiens en activité.

J’ai rencontré Cameron pour la première fois au Shaw Festival il y a vingt ans. Je faisais alors partie de l’équipe de production d’un spectacle qu’il réalisait au théâtre Court House. Je fus fascinée par son processus de création scénographique et devint une de ses assistantes. Tout en étant aimable, il était toujours très franc. J’ai pu alors identifier mes faiblesses et réaliser que je pouvais les surmonter. Il m’a appris l’importance de l’expérimentation et de l’innovation, outils essentiels du scénographe qui lui donnent accès à d’autres mondes dans sa quête de vérité.

Le mardi 21 juin

  • François Barbeau : Une œuvre colossale
    Suzane O’Neill, photographe et responsable de la conception, la scénarisation et la réalisation du diaporama sur support vidéo présenté dans l’exposition François Barbeau

L’APASQ rend hommage à François Barbeau, grand concepteur de costumes québécois, qui signe des costumes au cinéma, à l’opéra, au cirque et surtout au théâtre sur la scène canadienne depuis plus de quarante ans. Il est le grand précurseur de ce métier de concepteur au Québec et au Canada. Il est une icône pour les générations successives qui ont suivi son enseignement dans les écoles de théâtre.

La photographe Suzane O’Neill a largement documenté le travail de cet artiste. Plusieurs de ses photographies sont présentées dans l’exposition. Elles rendent compte de ce gigantesque et exemplaire travail de recherche sur la transformation des textiles. Les photographies de madame O’Neill traquent les détails et montrent l’artiste en plein travail de réflexion. Elles illustrent toutes les étapes du processus créatif, de l’esquisse au costume porté par le comédien.

François Barbeau n’a jamais hésité à utiliser des matières et des techniques non conventionnelles telles que le macramé, la moustiquaire, le papier, les matières recyclées et les objets du quotidien, démontrant ainsi l’avant-gardisme de ses recherches. Tel un alchimiste, il fait d’une étoffe moderne un vêtement vieilli et usé ou encore d’un tissu bon marché un vêtement somptueux. Cela en ayant toujours à l’esprit que les costumes doivent pouvoir résister aux nombreuses représentations. À titre d’exemple, ceux qu’il a créés pour les spectacles Dralion et Wintuk au Cirque du Soleil, ont dû tenir des centaines de représentations.

Le mercredi 22 juin

  • Pour une nouvelle dramaturgie de la lumière : l’éclairage de scène avec projecteur vidéo
    Keven Dubois, étudiant à la maîtrise en arts de la scène et de l’écran, LANTISS (Université Laval)

Le développement récent des nouvelles technologies de projection vidéo laisse entrevoir une véritable révolution du métier d’éclairagiste. Si l’intensité de la lampe vidéo arrive désormais à supplanter celle des lampes des projecteurs d’éclairage traditionnels, la manière de penser l’éclairage de scène peut maintenant prendre en compte la question temporelle pour créer des séquences dynamiques d’illumination des objets et des espaces. Fragmentation de l’espace, éclairages mobiles à partir d’une même source de lumière, variations chromatiques et utilisation de textures fixes ou animées, ce ne sont là que quelques exemples du potentiel d’écriture scénique relié à ces nouveaux paradigmes de l’éclairage scénique. À l’aide de documents archivés de laboratoires précédents, la conférence-démonstration a aussi mis en scène des simulations concrètes d’éclairage vidéo à petite échelle présentées à l’intérieur du castelet électronique, une maquette instrumentée reproduisant une scène mobile de spectacle (échelle 10:1). (http://vimeo.com/19145016)